Les mutations du plumage

Les mutations du plumage

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Qu’est-ce qu’une mutation ?

On appelle mutation une variation d’un gène codant pour un caractère particulier. Ici on parlera de mutations pour la couleur du plumage chez les calopsittes. Ces variations sont naturelles et spontanées, elles apparaissent au cours des générations et se transmettent ou non à la descendance.

Chez les calopsittes, de nombreuses variations du plumage ont fait leur apparition au cours des décennies d’élevage. Des couleurs qui peuvent être très différentes du phénotype sauvage que l’on retrouve dans la nature.

Rencontre-t-on des « mutants » à l’état sauvage ?

Bien sûre, puisque les mutations sont naturelles et spontanées, on les observe également dans la nature. Cependant les mutants sont bien plus rares, car ce nouveau plumage n’est pas toujours un avantage pour leur survie ! En effet, dans un groupe de calopsittes de couleur uniforme, un individu qui se distingue très clairement des autres se fera plus vite repéré par les prédateurs. Les mutations les plus courantes étant souvent plus « voyantes » ! Il a été décrit que ces individus forts différents pouvaient être rejetés par le groupe, voire par le couple durant l’élevage. Mais personnellement je doute que de tels comportements puissent avoir lieu.

Pourquoi sont-elles si courantes en captivité ?

Les calopsittes de nos volières et de nos maisons ne sont, normalement, pas à la merci des prédateurs. Il est donc naturel que tout individu présentant un plumage particulier ait autant de chance de survie que les autres.

Qu’est-ce qu’une mutation liée au sexe ?

On appelle mutation liée au sexe une variation pour un gène se trouvant sur les chromosomes sexuels. Ainsi elles s’expriment selon le sexe des individus. Chez les oiseaux, les mâles peuvent être simples porteurs, alors que les femelles les exprimeront systématiquement.

On parle de dominance et de récessivité, qu’est-ce que cela veut dire ?

Les calopsittes sont des organismes diploïdes, ce qui signifie qu’elles disposent de 2 copies pour un même gène. On appelle ses copies des allèles. Ces derniers ne sont pas toujours semblables et cela signifie que l’individu peut porter une mutation sans pour autant l’exprimer.

Si les 2 allèles sont identiques, on parle d’individu homozygote, s’ils sont différents, on parlera d’individu hétérozygote.

Une calopsitte peut ainsi présenter un phénotype sauvage, comme dans la nature, mais être porteuse d’une seule voire de plusieurs mutations.

La mutation est dite dominante si l’individu est hétérozygote et exprime la couleur du plumage qu’elle détermine. La mutation est dite récessive si l’individu ne l’exprime pas mais la porte au sein de son génome.

Comment savoir si sa calopsitte est homozygote ou hétérozygote ?

En ne sachant rien sur la généalogie de l’oiseau, on ne peut pas le savoir, sauf lors de la reproduction où les mutations peuvent apparaître  dans la nichée. Ce qui signifierait que l’un des 2 partenaires est porteur de ces mutations (prudence avec les mutations liées au sexe qui ne nécessitent qu’un seul porteur au sein du couple, le mâle).

Si l’éleveur ou le particulier est capable de vous donner la couleur des parents et des frères et sœurs, alors il sera possible d’estimer le nombre de mutations que l’oiseau est susceptible de porter et de transmettre à sa descendance.

Comment les mutations sont-elles établies malgré la récessivité ?

L’apparition de ces variances génétiques est naturelle, spontanée, mais relativement rare. Ce qui signifie qu’avant d’observer les premiers mutants à partir d’élevage de souches sauvages homozygotes, il faut se lever de bonne heure et être patient !

Ce n’est qu’après plusieurs décennies d’élevage que les premiers mutants sont arrivés chez les calopsittes. L’apparition d’un mutant dans une nichée signifie que l’un des parents ou les 2 sont porteurs de cette variation spontanée du gène codant pour la couleur du plumage. Pour obtenir de nouveaux mutants, il faut « fixer » la mutation en faisant reproduire entre eux les individus qui l’expriment. Et en règle générale, cela nécessite d’effectuer des mariages consanguins : faire reproduire des individus ayant un lien de parenté.

Ainsi la plupart des calopsittes mutantes sont issues de ces mariages. S’ils sont faits avec prudence et professionnalisme, alors ils n’ont pas de conséquences néfastes sur les individus. Cependant les mutations sont aujourd’hui si bien établies qu’il est désormais difficile de trouver une calopsitte homozygote pour le phénotype sauvage par exemple. Le brassage est tel que les éventuels effets de la consanguinité se sont vites estompés.

Y a-t-il des différences comportementales notables entre mutants ?

Oui et non.  Fixer une mutation suggère de croiser des individus présentant les mêmes caractéristiques physiques, certes, mais pas seulement. Car ces variations spontanées ne concernent pas uniquement la couleur du plumage, mais peuvent évidemment toucher toutes les strates qui constituent l’organisme, dont le comportement.

A chaque nouvelle mutation, on peut donc observer des tendances comportementales, qui s’estompent au fur et à mesure de son expansion et des brassages. Ainsi on pouvait constater une prédisposition au picage au nid chez les calopsittes lutino, ou encore que les parents calopsittes à joues jaunes étaient de mauvais couveurs.

A partir de quel âge peut-on savoir qu’une calopsitte exprime une mutation particulière du plumage ?

Les mutations sont ancrées dans le génome et s’expriment donc dès la formation de l’individu au cours de l’embryogenèse. Cependant les plumes n’apparaissent que quelques semaines après l’éclosion. Ce n’est donc qu’au moment de la formation des premières plumes qu’on peut connaître la couleur des jeunes. Certaines mutations s’expriment par des variations de la couleur des yeux, des pattes (couleurs des écailles et des griffes) et du duvet. Ainsi les oisillons aux yeux rouges seront nécessairement lutinos  ou albinos, alors que les individus aux yeux « prune » seront cinnamon.

Quelles sont les mutations les plus courantes chez les calopsittes ?

Liste non exhaustive :

-          Lutino : récessive liée au sexe

-          Albino : récessive liée au sexe

-          Perlée/Opaline : récessive et temporaire chez les mâles qui perdent leurs perles au moment de la maturité sexuelle.

-          Cinnamon : récessive

-          Face blanche : récessive

-          Panachée : Dominante

-          Joues jaunes : Récessive

 

Et bien d’autres encore…

Pourquoi certains motifs et couleurs apparaissent ou disparaissent au fur et à mesure des mues ?

Si les couleurs changent après la première mue des juvéniles, on ne peut pas parler de mutation, car celles-ci s’expriment dès la formation du jeune dans l’œuf. Il est très probable que ces variations spontanées et temporaires soient liées à des facteurs externes. Les carences alimentaires, l’hypervitaminose, la présence de circovirus (PBFD) ou encore le taux d’hormones sexuelles dans le sang peuvent modifier la couleur du plumage qui peut alors présenter un hyperchromisme comme un hypochromisme localisé.

Une exception notable : la mutation perlée. Les jeunes mâles et femelles qui l’expriment sont parfaitement identiques. Mais les mâles finissent par perdre petit à petit les perles caractéristiques au cours des mues, soit dès le début de la maturité sexuelle. Au bout d’un an ils ressemblent à des calopsittes de phénotype sauvage. Au contraire des femelles qui maintiennent les perles toute leur vie.

Margaux Deman, copyright 2014

 

 

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