Ma calopsitte s'est envolée!

 

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Malgré toutes nos précautions, il arrive que les oiseaux prennent la poudre d'escampette! C'est particulièrement vrai quand ils vivent en volières, dénuées de sas de sécurité, où lorsque les cages sont mises au jardin et chutent sur le sol par exemple.

Pourquoi les calopsittes partent-elles si loin?

Bien souvent on constate que les oiseaux s'envolent très haut et se perdent en quelques battements d'ailes. Dans cet environnement nouveau, en état de panique, les perroquets ont tendance à fuir le plus loin et le plus vite possible. Il s'agit d'une réaction instinctive face au danger.

Les calopsittes sont très endurantes et rapides, en quelques coups d'ailes elles peuvent parcourir de grandes distances. Durant ces moments de frayeur, elles ont tendance à voler longtemps, et dans une même direction.

Sans connaître les environs, sans avoir appris à s'orienter, les oiseaux sont incapables de rentrer chez eux.

Les calopsittes sont originaire d'Australie, elles vivent dans des zones vastes et sont amenées à parcourir de nombreux kilomètres chaque jour. En captivité, et malgré le manque d'entraînement, les calopsittes sont capables d'en faire de même, ce qui explique pourquoi il est rare de les retrouver autour de leur foyer en cas de fugue.

Bien souvent, les égarés sont localisés à plusieurs kilomètres de leur maison, voire dans un département ou pays voisin!

Perdre sa calopsitte dans la nature, est-ce une fatalité?

Malheureusement, il faut le dire, rares sont les calopsittes qui retrouvent leur foyer... Etant donné leur capacité à voler vite et longtemps, elles sont rapidement perdues de vue. Ensuite, la plupart des propriétaires se cantonnent à prévenir et mettre des annonces dans leur quartier ou villages alentours. Ce qui n'est pas suffisant.

Les calopsittes survivent-elles dans la nature?

Oui, les calopsittes sont parfaitement capables de se débrouiller en terrain inconnu. N'oublions pas que le perroquet sauvage et opportuniste sommeille en elles! En général elles suivent instinctivement des groupes d'oiseaux, arrivent à se nourrir et trouver refuge. Lorsqu'un lieu est à leur goût, elles tendent à y rester.

Très nombreuses sont les calopsittes perdues à être recueillies chaque année. Malheureusement il semble difficile de remonter la piste jusqu'à leur premier propriétaire. La bague fermée donne la référence de l'éleveur, mais pas de l'adoptant!

Cependant, les calopsittes restent particulièrement vulnérables. Elles se distinguent des autres oiseaux, de part leurs couleurs et leur chant, ce qui ne laisse pas les prédateurs indifférents. Les rapaces tels que les éperviers sont tentés les prendre en chasse. Elles ne peuvent compter que sur leurs capacités à fuir pour survivre.

Les personnes qui recueillent ces petits perroquets bien sympathiques prennent souvent la décision de les garder ou les revendre sans chercher à qui ils appartiennent. Une bien triste réalité qui concerne la grande majorité des oiseaux retrouvés.

Que faire pour mettre toutes les chances de son côté?

Il faut prévenir le plus de personnes sur un grand périmètre et ne pas se limiter à son village ou même son département, mettre des affiches, appeler les vétérinaires, la SPA, la mairie, poster des annonces dans de nombreux lieux, sur internet, dans le journal... etc. Et ne pas oublier de consulter les annonces d'oiseaux retrouvés !

Comment prouver qu'il s'agit bien de son oiseau?

La bague fermée est une pièce d'identité en apparence infaillible, mais la réalité est toute autre. D'abord, les inscriptions peuvent s'abîmer au cours du temps. Ensuite la bague fermée peut-être retirée ce qui empêchera toute identification ultérieure.

Rares sont les éleveurs à garder les coordonnées des personnes qui ont adopté des perroquets de leur élevage. Comme dit plus haut, si la bague permet de retrouver l'éleveur, elle ne permet pas de retrouver l'adoptant...

La puce électronique est de plus en plus utilisée pour identifier les perroquets de manière immuable. Il est impossible de retirer la puce sans chirurgie, elle donne les coordonnées de l'adoptant et ne se détériore jamais, contrairement à la bague fermée.

Malheureusement, elle ne se voit pas à l'oeil nu, puisque implantée sous la peau et le puçage n'est pas encore rentré dans les mœurs, de sorte qu'une personne qui retrouve un oiseau apparemment sans identité n'aura pas forcément l'idée de l'emmener chez un vétérinaire pour vérifier la présence d'une puce électronique.

Si l'oiseau possède des caractéristiques physiques (mutations, handicaps...) ou comportementales particulières (sifflements, mots appris...) il sera évidemment plus facile de prouver qu'il s'agit bien du sien.

Que faire lorsque sa calopsitte est toujours à portée de vue?

Si par chance votre oiseau se retrouve perché hors de votre portée, mais toujours en vue, alors tout espoir est permis. Aller le chercher en hauteur n'est pas la meilleure solution, d'abord par ce que cela peut-être dangereux pour vous, et ensuite par ce qu'une fois en haut (apprivoisé ou non), il n'est pas évident que l'oiseau se dirige sagement vers vous.

En état de panique, dans cet environnement inconnu, les perroquets ont plutôt tendance à ne pas coopérer mais à s'éloigner à la moindre contrariété (leur seuil de tolérance est particulièrement bas).

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Le mieux est de prendre le temps de rassurer l'oiseau, en sifflant un air qu'il connaît, en l'appelant par son nom et lui parlant. Cela aura pour effet de le mettre en confiance puisque ces doux sons seront familiers. Les perroquets calmés après leur coup de frayeur sont plus à même de rentrer de leur propre chef.

Pour les guider, il faut exposer leur cage/volière bien en évidence et à portée de vol. Si votre calopsitte se trouve tout en haut d'un arbre ou sur le toit d'une maison, inutile de mettre la cage à son pied! Le mieux est de présenter la cage à la même hauteur que l'oiseau, depuis un balcon par exemple. Si cela n'est pas possible, alors il faut éloigner la cage de sorte à faciliter la manœuvre de retour. En effet, les perroquets perdus dans ce vaste monde dénué de limites sont tout bonnement bien souvent incapables de redescendre sur une trajectoire verticale.


Nos compagnons ailés qui évoluent en intérieur, dans de petits espaces souffrent de quelques lacunes en matière de vol. Il est donc normal qu'une fois à l'extérieur les tentatives soient maladroites et échouent la plupart du temps.

Mettez-vous quelques instants à la place du perroquet qui se retrouve pour la première fois de sa vie sur un immense perchoir! Et oui, même les oiseaux appréhendent la hauteur!

Si vous avez au moins un congénère (ce qui devrait toujours être le cas) et que ce dernier ne s'est pas échappé, les appels vont considérablement aider le malheureux égaré à s'orienter et rentrer seul chez lui, auprès des partenaires sociaux. L'instinct grégaire est plus fort que tout, le perroquet perdu, isolé et apeuré recherchera tout naturellement la sécurité au sein du groupe.

Si plusieurs oiseaux se sont envolés, ce n'est pas nécessairement plus compliqué. A plusieurs, ils sont plus assurés et donc plus à même de vaincre leurs appréhension et rester dans les alentours.

Comment éviter les pertes?

Il vaut mieux prévenir que guérir et heureusement il existe une panoplie de bêtes astuces pour éviter de voir ses compagnons adorés se perdre dans la nature et pour encourager leur retour.

La taille des rémiges n'est certainement pas une solution!!!

Tout d'abord par ce qu'un oiseau tel que la calopsitte est si bien adapté au vol que même dénuée de ses rémiges, il ne suffit que d'un simple coup de vent pour l'emporter haut et loin! En l'absence de vent, un oiseau qui prend peur aura le réflexe de s'envoler, même s'il est conscient que ses ailes ont été taillées. En quelques battements d'ailes désespérés, une calopsitte peut tout de même partir et s'égarer.

En réalité, perdre un oiseau handicapé au vol est encore pire que de perdre un oiseau qui sait parfaitement voler !

En effet, une calopsittes aux ailes taillées peut tout de même prendre de la hauteur et se retrouver hors de votre portée. Dans une telle situation, il est impossible de compter sur elle pour redescendre! Il faut donc aller la chercher, à vos risques et périls. Ensuite, un oiseau qui ne peut voler ne peut fuir un danger, il est vulnérable. Il sera alors très vite pris pour cible par un prédateur, et si ce n'est pas le cas, il sera incapable de se déplacer pour se nourrir, s'abreuver, ou rentrer chez lui.

Autre point important, les propriétaires ont tendance à être moins attentifs avec les oiseaux aux ailes taillées, qui sont d'ailleurs les plus touchés par les accidents domestiques chaque année.

Au contraire, pour prévenir les fugues, il est préférable d'inciter ses calopsittes à voler. Plus elles voleront, mieux elles voleront, plus elles seront sûres d'elles et plus à même de rentrer. Il faut impérativement les inciter à exprimer toutes les manœuvres de vol : horizontales mais aussi et surtout verticales!

Avec les individus apprivoisés, il est possible de faciliter le retour en leur enseignant le rappel. En cas de perte, il a été constaté depuis longtemps que les oiseaux ayant appris le rappel étaient plus souvent retrouvés.

Dernier paramètre, ce qui permet à tout oiseau de rentrer chez lui, c'est avant tout sa capacité à s'orienter et reconnaître son gîte familier. Si les calopsittes peuvent évoluer comme bon leur semble dans la maison, elles sont souvent incapables de reconnaître celle-ci depuis l'extérieur.

Quand le beau temps le permet, il est donc particulièrement utile de les installer dehors, afin qu'elles prennent des points de repères visuels, mais également auditifs. Cette simple habitude cache aussi d'autres utilités, comme le processus de désensibilisation aux événements de la nature, bien souvent inquiétants de prime abord pour nos calopsittes d'intérieur! Si elles s'habituent à ces phénomènes potentiellement anxiogènes, elles seront peu disposées à s'effrayer une fois dehors, et donc plus aptes à revenir rapidement chez elles.

La sécurité se joue aussi dans l'environnement intérieur de la calopsitte. Il faut évidemment vérifier que toutes les issues sont fermées (complètement fermées). Les calopsittes peuvent se faufiler dans un espace à peine plus grand qu'elles. Certains propriétaires fabriquent des panneaux grillagés ou de simples housses ou moustiquaires pour permettre l'aération pendant que les oiseaux se défoulent.

En volière, le sas est une sécurité indéniable et en cage, les loquets ou cadenats sont un outils contre les évasions, car nos chères calopsittes sont loin d'être naïves en ce qui concerne l'ouverture des portes!

Même si l'environnement est bien pensé, rien ne vaut la surveillance et la vigilance du soigneur pendant que ses compagnons profitent de leurs moments de liberté.

Que faire lorsqu'on retrouve une calopsitte égarée ?

Il faut d'abord l'installer en cage, la nourrir, l'abreuver et lui proposer une petite cure de vitamines. Ensuite il faut tenter de retrouver les propriétaires, en consultant les annonces, et en effectuant les mêmes démarches qu'en cas de perte, pour indiquer qu'un oiseau a été retrouvé.

Il ne faut pas indiquer le numéro de la bague sur l'annonce, mais simplement préciser que l'oiseau est bagué et exiger la combinaison par les prétendus propriétaires. Pour éviter les vols et autres abus, tout simplement.

Il peut exister un petit espoir auprès de l'éleveur référencé dont le numéro est affiché sur la bague fermée, si par chance il maintient un registre contenant les coordonnées des personnes qui adoptent des oiseaux de sont élevage, ce qui semble tout de même peu probable, car très peu d'éleveurs prennent cette précaution.

L'emmener consulter un vétérinaire est aussi une bonne chose, après une brève période de remise en forme en particulier. Car dehors, la calopsitte a été exposée à des parasites, elle a pu se blesser, tomber malade... puis c'est l'occasion de vérifier si elle est pucée.

 

Chaque année, les calopsittes se perdent dans la nature par centaines, et malheureusement, très peu d'entre elles sont ramenées à leur propriétaire. Le mieux reste donc de faire appel à la prudence des soigneurs, et de prendre des précautions pour mettre toutes les chances de son côté, si par malheur un drame arrive.

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Margaux Deman, copyright 2013

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