Raccourcir les plumes de vol de sa calopsitte?

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"Couper les ailes" est l'expression souvent utilisée pour qualifier la taille des plumes, mais il s'agit d'un abus de langage car cette pratique indolore très courante consiste à raccourcir les rémiges, c'est à dire, les plumes de vol afin d'empêcher ou réduire le vol de l'oiseau.

La taille des ailes est donc régulièrement pratiquée par les propriétaires pour diverses raisons. En général, il s'agit de l'empêcher de voler pour éviter qu'il ne se blesse car souvent les jeunes calopsittes sont maladroites, il leur arrive de se cogner ou d'atterrir n'importe où! Aussi pour éviter qu'elles ne s'envolent à l'extérieur par mégarde. Les calopsittes sont réputées pour avoir un sens de l'orientation peu développé dû à leur comportement nomade ce qui ne les aide pas à retrouver leur chemin toute seule!

66109-10201675753034746-998262422-n.jpgMais ces propriétaires là ont sûrement oublié ce qu'était réellement une calopsitte! Un animal qui appartient à la grande classe des oiseaux, ces être vivants qui ont évolué depuis des millions d'années vers cette capacité qui fait envier bien des hommes, le vol! Et qui plus est l'un des psittacidés les plus rapide et les plus agile dans les airs! Il suffit d'observer un groupe de calopsittes voler gracieusement, avec tant de légèreté et d'élégance pour comprendre à quel point couper les ailes de son oiseau est une bien mauvaise idée! Pour ne pas dire, un acte complètement barbare!

Le vol est non seulement une capacité à part entière, mais c'est aussi un besoin vital.

A l'état sauvage, une calopsitte incapable de voler est vouée à la mort. Elle sera très vite la cible d'un prédateur. Et si par miracle elle survit, elle finira par mourir de faim, ne pouvant se déplacer pour chercher sa nourriture.

Certes, en captivité une calopsitte est normalement protégée contre les prédateurs, et n'a souvent pas vraiment besoin de voler pour aller se nourrir! Cependant il s'agit d'un comportement naturel, inné et parfaitement encré dans ses habitudes. 

Et il suffit d'observer des calopsittes aux ailes taillées pour s'en rendre compte. En général, ce sont des individus timides, peureux et peu sûrs d'eux, ils adoptent une attitude plus discrète pour éviter de se faire repérer par d'éventuels prédateurs. Ensuite, ils sont souvent sur la défensive, plus portés à mordre car ils ne peuvent fuir une situation stressante. A l'état sauvage ils feraient de même pour garder un prédateur à distance. Et surtout, l'insécurité et le stress générés par la taille des ailes incitent au développement de troubles comportementaux. Comme leurs déplacements ne dépendent plus que des hommes, elles sont en outre bien plus dépendantes!

img-7514.jpgLes calopsittes volent aussi par plaisir! Qui n'a jamais vu des oiseaux virevolter bruyamment dans toute la pièce pour manifester leur joie de pouvoir sortir?

Le vol leur permet également d'entretenir leurs muscles, les calopsittes aux ailes pleines vivent plus longtemps, et en meilleurs santé, elles tombent moins malades et sont moins sensibles psychologiquement.

Il est donc mille fois préférable de leur laisser leurs rémiges pour leur bien être physique et aussi mental. Même si cette décision demande plus d'attention et de précautions. Il faut toujours surveiller les oiseaux durant leurs sorties et sécuriser la pièce pour éviter qu'ils ne se blessent. Il faut aussi bien vérifier les portes et fenêtres pour éviter de voir l'oiseau s'envoler vers l'extérieur!

D'autant que la taille des ailes n'évite pas les fugues! Les propriétaires pensent que leurs oiseaux ne peuvent plus voler et font donc moins attention. Une frayeur peut suffir pour qu'une calopsitte aux ailes sévèrement taillées s'envolent suffisamment loin pour ne plus être retrouvée! N'oubliez pas qu'ils sont des animaux conçus pour le vol et qu'une simple brise peut les aider à prendre de l'altitude! 

Certains préconisent la coupe légère, qui n'empêche pas le vol complet, mais le réduit simplement. Personnellement, je trouve cette idée encore plus saugrenue! L'oiseau ne se déplace pas avec toutes ses capacités, il est plus maladroit en vol, peut se blesser et est tout aussi susceptible de fuguer!

Il y a quelques astuces très simples pour éviter les fugues, il suffit par exemple d'habituer les oiseaux à l'environnement extérieur, à visualiser les lieux, sous un maximum d'angles différents. Leur apprendre le rappel quand ils sont apprivoisés est une précaution supplémentaire!

Mais ces petits détails sont-ils si contraignants si c'est pour le bonheur de nos amies calos? Ou faut-il favoriser notre confort au détriment de leur bien être?

Si on reste contre le fait de laisser leurs ailes aux perroquets, alors il est sûrement judicieux de revoir les motivations qui nous poussent à nous intéresser à ses animaux, qui sont avant tout des oiseaux, ne l'oublions pas. Si on ne peut le comprendre, alors on ne peut les rendre heureuses.

 

Margaux Deman, copyright 2013

 

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